Le mois de septembre aura marqué la fin de la post production de cette série en 4 épisodes dont personne ne sait encore grand chose et dont je ne peux pas dire grand chose non plus. La date de sortie semble fixée quelque part vers la fin du premier trimestre 2027. Sur HBO donc.
Je ne vais pas vous faire le listing des étapes de post production, c’est à la fois inutile et rébarbatif. Pas d’adjectifs niais pour vous dire combien c’est super et que, oh la la, quelle chance j’ai de pouvoir faire ce métier. Non. Rien de tout cela. J’avais juste envie de déposer quelques images. Pour moi avant tout, pour me souvenir un jour, car tout s’efface – même les meilleures choses – et les photos se perdent (Enfin… pas chez moi, qui sait ?).
Ces petits instantanés ont été pris avec mon téléphone (précision inutile) mais aussi en 35mm et en moyen format (précision utile pour faire l’esthète).

Le montage a duré 3 mois peu ou prou. C’est beaucoup et peu à la fois. Anecdote amusante, Dorian qu’on aperçoit sur une photo, était régisseur et assistant vidéo sur deux de nos premières production « 4-16 Prod » en 2004. Il est devenu un monteur recherché entre temps. Mais nous n’avions jamais travaillé ensemble, 22 ans après… C’est chose faite.

Emmanuèle, chef monteuse de l’extraordinaire série Les Grands réalisée par Vianney Lebasque, avait passé son tour pour la première saison de Missions il y a 10 ans. Je l’ai eue à l’usure.
La post prod VFX a été un des grands moments de la création de la série. 250 plans au bas mot. Peut être plus. Pas mal de 3D, extension décor et foules. Sans IA. Une post à l’ancienne donc, sans prompt, par choix moral et éthique. Je sais que la formule est un peu tarte à la crème et grandiloquente mais elle raconte les inquiétudes et l’incertitude qui pèse sur le devenir de certains métiers, le mien y compris.





Nous avions envie de faire les choses de manière presque artisanale, et dans un monde idéal nous aurions tourné en 35mm (même si une poignée de plans ont été shootés en 16mm). Nous avons tenté d’émuler des textures et retrouver des looks résolument 80’s. Et quoi de mieux que de se servir – occasionnellement – du matériel de l’époque pour cela :

Courant mai 2013, j’assistais à l’étalonnage du court métrage Zlatan que Pascal Sid et moi-même avions tourné dans le cadre du festival des Arcs. Une journée d’étalonnage avec une certaine Alice Conan qui travaillait alors comme étalonneuse permanente chez Digimages. 13 ans plus tard, après des centaines d’étalonnage pour elle, et beaucoup moins pour moi, nous revoilà réunis pour quelques semaines en sous-sol chez Reepost. Et aujourd’hui comme en 2013, mais pour des raisons différentes, l’étalo se fera sans chef opérateur.

J’ai retrouvé l’équipe de Missions pour le montage son/mixage et pour la musique. Pas grand chose à dire, il faudra écouter et juger. Mais la série vivra ou mourra par sa musique. Je pense qu’Etienne Forget s’est dépassé, mais au fond, ce n’est plus à moi d’en juger.



Voilà. C’est tout. Rallye ’82 n’est pas prête d’être diffusée et pourtant, c’est déjà du passé.
Il y a toujours quelque chose de vertigineux à terminer un projet. Je sais, au fond, que ma carrière ne sera définie que par quelques titres. Ce sera d’autant plus mon cas, que j’ai choisi d’écrire mes projets et donc de réaliser peu. Il y a cette espoir, chez tous les réalisateurs que sa dernière œuvre fasse partie des choses qu’on retiendra. Le dernier projet est toujours le plus beau. Mais je vois aussi le chemin parcouru depuis la naïveté de mes débuts et la médiocrité de certains de mes travaux de jeunesse.
Il y a des choses dont je suis fier dans Rallye ’82. La série est imparfaite, tout l’est au fond, mais elle présente aussi des choses qui commencent à ressembler à ce que j’ambitionne depuis mes premières tentatives d’amateurs. Essayer de dépasser, un peu, le cadre de l’ordinaire narratif ; amener une proposition plus atmosphérique, existentielle parfois, sans pour autant priver le spectateur d’une formule narrative accrocheuse qui le retiendra devant son écran. Une poésie aussi, qui ne se raconte, ni ne se définit, mais qui est le résultat de notre artisanat de réalisateurs : associer idées, sons et images pour créer un conte moral et de l’émotion. Vous l’avez compris en lisant mes lignes, la nostalgie primera sans doute.
